¤ Le procureur de la République décide seul du devenir des plaintes des victimes et de leurs familles. S'agissant de la mort d'un être humain, laisser cette
décision à un homme seul n'est pas digne d'une démocratie moderne.
¤ Le procureur de la République n'a de compte à rendre à personne. Il n'est pas
obligé de motiver ses décisions. Là encore il détient un pouvoir sans partage.
¤ Le procureur de la République n'est tenu en rien de recevoir les familles de
victimes tuées sur la route.
¤ Les juges de l'instruction qui sont en charge d'instruire, quand les familles
exercent leur droit de recours auprès du doyen des juges d'instructions (après avoir payé des frais de consignation injustes) sont eux aussi tous puissants. Les
familles doivent se battre pour qu'il daigne les recevoir et pire encore pour
parvenir à se faire entendre.
Il existe pourtant la circulaire du 09-10-2007.
Elle rapelle à l'ordre les magistrats mais au nom de l'indépendance de la justice
et de la séparation des pouvoirs, ils n'en tiennent pas compte. Inadmissible.
¤ Les juges d'instructions décident de donner suite ou non aux demandes d'actes
d'instructions formulés par les plaignants. Il existe bien la possibilité de faire
appel d'un refus du magistrat mais cela coûte très cher psychologiquement et
financièrement à des familles déja très éprouvées, avec des chances très faibles
d'obtenir satisfaction.
¤ Les juges d'instructions, quand ils estiment et décident de mettre fin à
l'instruction prennent la décision de rendre une ordonnance de non lieu ou une
ordonnance de renvoi. Une fois encore, ils décident et prennent cette décision
gravissime seuls. Il existe bien entendu la possibilité de faire appel si la décision
du magistrat semble trop injuste mais faire appel coûte cher moralement et
financièrement à des familles souvent au bout du rouleau.
Propositions de l'association ;
¤ Il faut revoir ce pouvoir monarchique des procureurs de la République. Ils ne
doivent plus pouvoir décider seuls du devenir des plaintes des victimes et/ou de
circulation grave. Il est devenu nécessaire aujourd'hui que la décision de classer
sans suite, d'engager des poursuites ou d'ordonner un complément d'information
soit prise de façon collégiale comme cela existe pour le placement en détention
provisoire. Pour qu'une telle décision soit mieux comprise et acceptée, il serait
opportun d'y associer un représentant des familles plaignantes en la personne
de leur conseil ou d'un membre de la cellule que nous proposons de créer dans
¤ Il ne doit plus y avoir de classement sans suite sans qu'au préalable, le
procureur de la République ne reçoive les familles plaignantes, motive et
prenne la peine d'expliquer sa décision.
¤ Le juge d'instruction chargé d'instruire une procédure d'homicide ou de blessures
involontaires grave doit lui aussi recevoir les familles plaignantes ou les victimes
elles mêmes quand leur état de santé le permet au moins une fois au début de
son instruction. Lorsqu'il décide de mettre fin à l'instruction, il doit assumer sa
décision et l'annoncer verbalement aux victimes en motivant et expliquant sa
décision.
¤ Comme les procureurs de la République, les juges d'instructions décident seuls
de prononcer un classement sans suite ou ou ordonnance de non lieu. Lorsqu'il
cette situation n'est plus acceptable. Ce genre de décisions gravissimes doivent
être prises de façon collégiale avec un représentant des familles (leur avocat).
Cette mesure s'applique déja pour les décisions de placement en détention
provisoire, elle pourrait tout aussi bien s'appliquer ici. Cela apporterait une petite
dose de démocratie et les décisions de justice seraient mieux comprises et plus
facilement acceptées car expliquées et débattues.